Cruising - La chasse
Un film de William Friedkin
Américain, 1980-1h40, Interdit aux moins de 16 ans.
Avec Al Pacino, Karen Allen, Paul Sorvino...
La police new-yorkaise enquête sur deux meurtres d’homosexuels appartenant à la tendance sado-masochiste, qu’elle pense être dus au même tueur. Le capitaine David Edelson, chargé de l’affaire, propose à un jeune policier en uniforme, Steve Burns - qui possède les caractéristiques physiques des victimes - d’infiltrer la communauté gay. Comme il ambitionne de devenir "enquêteur", Steve, voyant la possibilité d’une rapide promotion, accepte, en dépit du danger qu’il encourt. Installé dans un appartement de Greenwich Village, Steve fréquente toutes les nuits les lieux de rendez-vous homosexuels : bars, discothèques, boîtes de nuit, jardins publics. L’assassin, habillé d’un blouson de cuir à pièces métalliques cliquetantes, porteur d’une casquette de motocycliste et le visage dissimulé derrière des lunettes de soleil, frappe par deux fois encore.. (Source Allocine)
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Cruising - La chasse : plongée extrême
Sorti en 1980, alors que commençait à apparaître le sida, William Friedkin sort son grand film polémique dans une filmographie qui en compte pourtant déjà pas mal, Cruising. Aujourd’hui, Al Pacino renie le film en bloc et des ligues homosexuelles s’étaient dressées contre sa sortie, adapté d’un roman déjà controversé. Au-delà de tout ce bruit, il s’avère que Cruising n’est pas un très bon film.
Friedkin se défend en déclarant que le milieu homosexuel et sado-maso de New York n’était qu’une "excellente toile de fond pour un film de serial killer". Dès lors, la toile de fond est intense mais le film de serial killer moyen, la première étant marquée par le style de Friedkin mais le second surpassant à peine la série B basique.
Hormis l’astucieuse idée de faire jouer le tueur par ses victimes histoire de brouiller les pistes et de faire planer le doute sur l’identité du serial killer, l’intrigue policière n’est pas traversée par l’originalité. Meurtres et fillatures ne sont pas mis en scène avec le brio d’un De Palma, un temps intéressé par ce projet et qui, à la même époque, révolutionnait (ou créait ?) le thriller. Dans la dernière partie du film, l’ennui nous guetterait même avec une fillature monotone, une étude psychologique bien légère et une action se déroulant de jour alors qu’on prenait du plaisir à être plongé dans l’enfer nocturne (toute proportion gardée...). Reste alors le traitement de l’infiltration policière qui, s’il touche au sublime dans la scène finale, semble hasardeux et désincarné dans le reste du film, porté par un Paul Sorvino monolithique et un Al Pacino bien peu inspiré. Fers de lance du renouveau hollywoodien des seventies, l’acteur et son réalisateur revenaient aux normes...
Heureusement, Cruising est sauvé par ce qui est sans doute le plus important du film : la plongée dans le monde homosexuel et sado-maso. Filmant New York à la manière d’un Abel Ferrara, Friedkin est toujours aussi efficace pour ce qui est d’embarquer ses acteurs et ses spectateurs dans les quartiers les plus glauques et les plus violents. Avec un style moins nerveux que dans French Connection ou Police Fédérale Los Angeles, Friedkin reste cependant franc-tireur dans ses traversées des leather bars marquantes et sans concession pour montrer un bon gros fist dont on se demande encore comment il a fait pour passer outre la MPAA ! Si Cruising peut être considéré comme un film raté de son auteur, il prouve cependant que c’est toujours dans les ténèbres que s’illumine le cinéma de Friedkin.





