District 9
Un film de Neill Blomkamp
Néo-Zelandais / Américain, 2009, 1h50
Avec Sharlto Copley, Jason Cope, David James...
Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre...Ces visiteurs d’au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire...Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n’a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d’énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu’à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l’ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s’occuper de leur transfert. L’un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l’homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu’une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien.Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu’un seul endroit où se cacher : le District 9...
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District 9 : libérez les aliens !
De nos jours, beaucoup de réalisateurs n’ayant plus rien à prouver jouent les mécènes et produisent les films de jeunes prometteurs, souvent pour des résultats excellents. Peter Jackson s’y met lui aussi avec un jeune protégé sud-africain, Neill Blomkamp, qu’il avait déjà désigné pour réaliser l’adaptation du jeu vidéo Halo. Malheureusement, le projet a crevé dans l’œuf. Attristé, Jackson donne alors la chance à Blomkamp de réaliser son premier long-métrage dans sa ville natale de Johannesburg. Avec un budget symbolique de 30 millions de dollars, soit la somme qu’avait confiée Robert Zemeckis à Jackson pour la réalisation de Fantômes contre Fantômes en 1996. Le film de Blomkamp est donc District 9, film de science-fiction pamphlétaire et assez bluffant, tout à fait à la hauteur de son buzz.
Le film commence par toute une série de flash info, de breaking news et d’interviews de membres gouvernementaux expliquant la situation de cette communauté extra-terrestre. En plus d’introduire la situation de départ de manière très efficace, cette introduction permet, à l’instar du monde apocalyptique du magnifique Les Fils de l’Homme, de donner à ce fait de science-fiction un contexte socio-politique précis et incroyablement crédible. L’intro critique aussi au passage le monde médiatique actuel, une purée d’images furtives organisées par un journalisme de l’immédiat parfois dangereux. Présentée de manière aussi convaincante, l’histoire du film devient très aisément assimilable pour le spectateur qui comprend bien vite où le film veut en venir...
Le message du film est bien évidemment anti-raciste. Attention cependant à ne pas le comparer trop vite à l’appartheid, dans quel cas le film aurait tout de même quelques années de retard ! La ville de Johannesburg, même si elle est superbement filmée avec ce gigantesque vaisseau spatial suspendu au-dessus de sa tête, est avant tout symbolique, et si le film avait été filmé ailleurs, l’appartheid ne serait venu à l’idée de personne. Le film dénonce plus largement toutes les marginalités du mone, toutes les populations que les différents pays rejettent. D’ailleurs, la France a bien vite fai un remake de District 9 à Calais, mais avec des êtres humains cette fois ! Ce que le film pointe, c’est la peur que l’homme a de ce qui ne lui ressemble pas, et le besoin qu’il pense avoir de le rejeter ou de l’exploiter.
Dit comme ça, ça a un l’air un peu chiant comme film avec son gros message politique. Beaucoup s’en serait contenté mais Neill Blomkamp n’oublie pas qu’il réalise avant tout un film de genre pur et dur ! A la moitié du film, il change donc radicalement le style et se met à raconter la mutation cronenbergienne en diable du héros Wikus van der Merwe en alien. A mesure que son organisme change, le regard de Wikus envers les aliens mute également en une compassion pour ces êtres rejetés et il va finalement les aider à quitter ce cruel district 9. Mais il le fait en foutant bien le bordel dans le bidonville et en tirant sur tout ce qui bouge ! Cette soudaine transition du récit montre bien que Blomkamp ne veut pas prendre son spectateur de haut et fait éclater à l’écran son amour pour la série B et l’action décomplexée ! Fusillade sauvage, robot géant destructeur meilleur qu’Iron Man, corps explosant à la John Rambo : Blomkamp prend sa revanche et expose ce qu’aurait donné son Halo si celui-ci s’était tourné. L’action ne dissimule cependant rien de l’émotion que procure cette lutte extra-terrestre, comme le prouve le très touchant plan final, citation inattendue à... Wall-E !
Critique acerbe du racisme en tout genre et du flot d’informations si immense qu’il en devient grotesque dans la société contemporaine, District 9 est donc un film curieux et généreux. Mêlant habilement réflexion et divertissement, le film nous donne les meilleurs espoirs pour la carrière de Neill Blomkamp et nous montre qu’encore une fois, Peter Jackson ne s’y était pas trompé...





