Aller au contenu Aller à l'accueil plan du site rechercher Aide sur les raccourcis clavier

Programme n°161

Du 21 septembre au 25 octobre 2011

Le LUX adhére à Cinémascop


La plus importante révolution technologique depuis l’avènement du « parlant » en 1930 s’opère sous nos yeux, dans les salles que nous fréquentons régulièrement. Cette mutation est prometteuse. Un champ d’innovations esthétiques s’ouvre à la création et à la diffusion. La salle de cinéma peut désormais présenter des œuvres très variées grâce à la diversité des formats que les projecteurs numériques restituent. Mais cette mutation est aussi lourde de menaces.

Technologiquement « parlant », rien ne s’oppose plus à la télédiffusion des films en salles ni non plus au contrôle à distance de l’utilisation des équipements. Le scénario du pire, le même film à la même heure sur tous les écrans de France, n’est plus hors de portée. Si l’on n’y prend garde, la liberté de programmation et l’indépendance des salles sont menacées. Déjà, les principes de solidarité et de répartition équitable, valeurs fondatrices de la modernisation des cinémas français depuis 1959, ont été remis en cause. A la place de la taxe prélevée sur les billets qui a permis à la France de se doter du parc de salles le mieux réparti du monde, une contribution à la transition numérique des distributeurs, grands bénéficiaires de ce changement, a été instituée sur le modèle américain. Lorsqu’un film est projeté en sortie nationale dans une salle, le distributeur paie à l’exploitant une contribution. Bien sûr, le montant fait l’objet d’une négociation, très défavorable aux petites salles, aux salles indépendantes, associatives, privées ou municipales. Cette négociation donne lieu à un nouveau marché dominé par des sociétés privées, adossées à des banques. Ce que l’Etat faisait en gérant équitablement et paritairement la répartition des ressources d’investissement dans un souci d’aménagement du territoire, ce sont aujourd’hui des intermédiaires privés lucratifs qui le font dans la négociation de gré à gré, en laissant de côté les petites salles.

Il a fallu la mobilisation de la société civile, celle des associations qui gèrent des cinémas, celle du Groupement National des Cinémas de Recherche et celle de la Ligue de l’enseignement, pour continuer à incarner les principes de solidarité et de répartition du fonds de soutien au cinéma. Contre le marché de la transition numérique, l’association CINEMASCOP s’est constituée pour proposer aux salles grandes, moyennes et petites, aux associations, aux exploitants privés et aux collectivités locales, une alternative mutualiste, « partageuse » des contributions numériques en toute égalité entre les écrans. 33 établissements comptant 58 écrans viennent de constituer ensemble un premier groupe de collecte et de répartition mutualiste au sein de l’association CINEMASCOP. C’est dans ce cadre que le LUX et 14 autres cinémas bas-normands viennent de se numériser, au terme d’un choix politique clairement assumé.

Philippe Clément (Vice-président de l’Association CINEMASCOP / Secrétaire de la Ligue de l’enseignement du Calvados)



Navigation



Cinéma LUX | 6, avenue Sainte-Thérèse - 14000 CAEN | 02 31 82 29 87 | 08 92 68 00 43 (0,34 €/mn)