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édition du samedi 28 novembre 2009

La Jeanne d’Arc de Carl Dreyer en ciné concert

Ouest-France / Basse-Normandie / Caen



Le film muet du cinéaste danois est projeté, pendant que l’Ensemble interprète en direct une musique, spécialement écrite par le compositeur estonien Tónu Kórvits.

Un film vénéré

« La Passion de Jeanne d’Arc » le film de Carl Theodor Dreyer (1889-1968), avec Renée Falconetti, dans le rôle principal, est sorti à Paris en octobre 1928, où il a été vénéré par nombre d’intellectuels de l’avant-garde, dont Jean Cocteau. Antonin Artaud figure aussi dans la distribution.

Qui revient de loin

Ce rendez-vous aurait pu ne jamais être. En décembre 1928, le négatif du film brûle dans les studios de l’Afa à Berlin. Au moyen d’autres prises de vue antérieures et à force de patience, Dreyer reconstitue patiemment un second négatif, qui brûle à son tour ! On le pensait perdu à jamais mais, coup du destin, un critique italien retrouve un négatif tardif du film.

Bobine initiale

Ce critique lui fera subir toutes sortes de modifications à tel point que cette nouvelle version du film va à l’encontre de l’esthétique même de Dreyer. C’est ainsi que longtemps le public ne connaît que cette version. L’histoire aurait pu s’arrêter là si un infirmier d’un hôpital psychiatrique en Norvège n’avait retrouvé la bobine du film initial. Que pouvait-elle bien faire ici ? Mystère.

Gros plans

Dans son film, Dreyer n’use pour ainsi dire que de gros plans, élément déterminant de l’esthétique du film qui suscite d’abord l’étonnement du public puis l’acclamation de la critique. De son procès au bûcher se lisent sur le visage de Jeanne d’Arc le désarroi, l’incompréhension et la douleur, malgré son mutisme.

Partition

Le ciné-concert est une forme qu’affectionnent Dominique Debart et l’Ensemble. Le directeur de l’orchestre de Basse-Normandie a demandé à Tónu Kórvits, compositeur installé à Tallinn, la capitale estonienne, d’écrire une partition sur ce film. « Un défi, comme il en arrive peu » commente Tónu Kórvits, qui avoue avoir d’abord ressenti un coup de déprime devant la force de l’oeuvre. « En prenant du recul, c’est allé beaucoup mieux. »

Atmosphère

« L’intelligence de Tónu Kórvits est de n’avoir pas appuyé sur les temps forts, explique Dominique Debart. Ce qui pouvait manquer à la tension de cette oeuvre, c’est l’atmosphère. Il la replace de façon décalée, avec aussi des silences judicieusement placés et quelques illustrations très précises. La salle est tenue en haleine. On l’a constaté, à Vire, où nous avons joué, samedi dernier. »

Dimanche 29 novembre, 17 h, au théâtre de Caen. Tarifs : de 5 € à 14 €. Rens. 02 31 30 48 00, de 13 h à 18 h 30. www.theatre.caen.fr

Xavier ALEXANDRE.



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